S'excuser à l'aide d'un cornet de crème glacée!

Avez-vous remarqué à quel point les gens s’excusent souvent sans qu’il y ait nécessairement de suite? Ce n’est pas mal intentionné, c’est plus comme un automatisme «oh excuse-moi!», ce qu’on appelle des excuses spontanées.

De véritables excuses cependant doivent contenir une reconnaissance de ce qui a été fait ou encore blessant pour l’autre. Et c’est précisément cet élément qui est difficile, tant pour les enfants que pour certains adultes! Parfois, reconnaître vos erreurs peut vous faire sentir coupable, honteux. Pour les enfants au surplus, lorsqu’ils reconnaissent leurs erreurs du genre «c’est moi qui ai poussé Jasmine», ça leur occasionne parfois des conséquences négatives, comme un retrait par exemple. Ne soyez donc pas surpris si les fois suivantes ça leur donne moins le goût de reconnaître leur erreur!

C’est pour quoi la façon dont vous guidez vos enfants à travers l’apprentissage des excuses est aussi importante que les excuses elles-mêmes. Les véritables excuses peuvent engendrer le pardon, accroître l’empathie et même réparer les liens sociaux parfois endommagés. Et ça, c’est chouette! Néanmoins, de par l’immaturité cognitive des enfants en bas âge, la compréhension en profondeur des véritables excuses est limitée. L’idée est surtout de les aider doucement à prendre conscience de l’impact de leurs actions.

Comment pouvons-nous enseigner l'utilisation d'excuses sincères?

Pour vous aider à accompagner efficacement l’enfant dans l’apprentissage des excuses, voici un outil concret que j’ai appelé « s’excuser à l’aide d’un cornet de crème glacée ». 

L’outil est conçu pour que l’enfant puisse assembler son cornet dans le processus des excuses. Vous pouvez donc l’imprimer, le découper et manipuler l’outil avec l’enfant pour l’aider visuellement dans les différentes étapes du processus. 

Manuel d'instructions

D’abord le CORNET!

Avant même de mettre de la crème glacée, il faut aider l’enfant à prendre du recul, se calmer. Il peut vouloir se retirer ou encore vouloir un câlin pour lui permettre de diminuer le tourbillon d’émotions qu’il ressent. Lorsque l’enfant est plus calme, il est plus disponible pour résoudre ce qui s’est passé.

 

La 1ère BOULE : «Excuse-moi de»

C’est l’étape où l’enfant s’excuse de ses actions. On encourage et accompagne l’enfant à mettre des mots sur le comportement blessant (ex. excuse-moi de t’avoir tapé ou excuse-moi de t’avoir dit que tu étais nouille).

 

La 2e BOULE : «  J’ai mal agi parce que…» 

Cette étape consiste à comprendre et à verbaliser pourquoi ce qui a été fait était mal ou encore comment l’acte posé a blessé l’autre (ex. j’ai mal agi parce que mes agissements t’ont blessé).

 

La 3e boule : «La prochaine fois…»

Cette étape consiste à expliquer ce qui sera fait la prochaine fois afin d’éviter les mêmes erreurs. Le plus gros piège ici c’est de dire «je ne te taperai plus». Trop facile! On essaie plutôt de dire ce qu’on fera si un événement similaire se reproduit. On tente de trouver d’autres stratégies. 

 

La 4e boule : «Veux-tu me pardonner?»

La dernière étape consiste à demander pardon. Parfois l’autre ne veut pas pardonner, ce qui est parfois plus difficile à accepter. 

Dans son livre Mea Culpa, Tavuchis (1991) a écrit ceci : «Les excuses, aussi sincères ou efficaces soient-elles, ne permettent pas et ne peuvent pas annuler ce qui a été fait». [Traduction libre]

 

Avec un accompagnement chaleureux et un outil ludique, les enfants comprendront davantage l’impact émotionnel des excuses! 

Bon cornet!